
Contrairement à l’idée reçue, l’illectronisme des seniors n’est pas une fatalité technologique, mais le symptôme d’un système qui les a rendus invisibles et a bafoué leur citoyenneté numérique.
- La dématérialisation forcée sans alternative humaine transforme l’accès aux droits (santé, retraite) en un parcours du combattant.
- La peur du numérique est une réaction légitime face à un environnement perçu comme hostile, rempli de menaces réelles (arnaques) et d’une complexité décourageante.
Recommandation : Exiger et utiliser systématiquement les dispositifs de médiation humaine comme les espaces France Services, car le droit à un accompagnement est une solution plus efficace que l’injonction à la connexion.
Lorsque nous parlons d’exclusion numérique chez les personnes de plus de 75 ans, nous commettons souvent une erreur d’analyse. Nous voyons la « technophobie » ou le manque de compétences comme la cause du problème, une sorte de décalage générationnel inévitable. Les solutions proposées se concentrent alors sur l’individu : il faudrait le former, l’équiper, le convaincre. Cette vision, bien que partant d’une bonne intention, passe à côté de l’essentiel. Elle dépolitise une question qui est, au fond, profondément politique. Car et si le problème n’était pas l’incapacité de nos aînés à « suivre le rythme », mais plutôt notre incapacité collective à construire une société numérique qui n’abandonne personne en chemin ?
La réalité est bien plus brutale : la dématérialisation à marche forcée de tous les services essentiels, sans maintenir des alternatives humaines accessibles, n’est pas un progrès. C’est une nouvelle forme de ségrégation. En rendant l’accès à ses droits – se soigner, toucher sa retraite, payer ses impôts – conditionnel à la maîtrise d’un outil que beaucoup ne peuvent ou ne veulent pas utiliser, la société prive une partie de ses citoyens de leur autonomie et de leur dignité. L’isolement n’est plus seulement social, il devient administratif et civique. Il ne s’agit plus de ne pas pouvoir « liker » une photo sur les réseaux, mais de ne plus pouvoir exister en tant que citoyen à part entière.
Cet article adopte une posture militante : il refuse de considérer nos aînés comme des « inadaptés » au monde moderne. Il les voit comme les victimes d’une violence institutionnelle, d’une injonction à la connexion qui ne dit pas son nom. Nous allons déconstruire les mécanismes de cette exclusion, de la peur légitime de « tout casser » à l’absurdité de devoir gérer des dizaines de mots de passe. Mais surtout, nous allons cartographier les solutions concrètes, les droits et les recours qui existent pour reprendre le pouvoir. Car il ne s’agit pas de forcer tout le monde à devenir un expert du numérique, mais de garantir à chacun le droit fondamental d’accéder à ses droits, avec ou sans écran.
Pour vous guider dans cette reconquête de l’autonomie, cet article est structuré pour répondre aux questions les plus pressantes. Nous explorerons ensemble les racines de la peur du numérique, les solutions pour accéder aux services publics, le choix du bon matériel et les aides concrètes disponibles sur tout le territoire.
Sommaire : Comment déjouer les pièges de l’exclusion numérique après 75 ans
- Technophobie : comment débloquer la peur de « tout casser » en cliquant au mauvais endroit ?
- CAF et Ameli : comment faire valoir ses droits quand les guichets physiques ferment ?
- Ordinateur ou tablette : quel est le meilleur outil pour un grand débutant ?
- Ateliers numériques seniors : où trouver des cours gratuits près de chez vous ?
- Carnet papier ou gestionnaire : quelle stratégie mémoire pour ne plus se faire bloquer ?
- Tablette simplifiée : est-ce vraiment utilisable par un novice de 85 ans ?
- FranceConnect : pourquoi créer ce compte est la clé de toutes vos démarches futures ?
- iPad ou Android : quel écosystème offre les meilleures options d’accessibilité pour les malvoyants ?
Technophobie : comment débloquer la peur de « tout casser » en cliquant au mauvais endroit ?
La peur du numérique, souvent qualifiée de « technophobie », n’est pas une appréhension irrationnelle. C’est une réponse logique et saine à un environnement perçu, à juste titre, comme hostile. Imaginer « tout casser » en un clic est moins une peur de l’outil lui-même que la crainte de ses conséquences irréversibles : perdre de l’argent, voir ses données personnelles volées, ou bloquer un accès vital à un service. Cette angoisse est constamment alimentée par la prolifération des tentatives d’escroquerie qui ciblent spécifiquement les personnes les plus vulnérables. En France, le cybermalaillance.gouv.fr a mis en place des mesures de prévention face à ces menaces.
Les arnaques par SMS, par exemple, sont devenues un fléau. De faux messages concernant le renouvellement de la carte Vitale, une prétendue amende impayée ou un colis en attente créent un climat de méfiance permanent. Il est crucial de comprendre que les administrations comme l’ANTAI (pour les amendes) ou l’Assurance Maladie ne demandent jamais d’informations bancaires par SMS ou par email. La présence de fautes d’orthographe ou de liens suspects doit immédiatement alerter. Face à ce danger, la prudence n’est pas de la phobie, mais de la sagesse.
Débloquer cette peur ne consiste pas à devenir un expert en cybersécurité, mais à acquérir quelques réflexes simples et à savoir où trouver de l’aide. Le premier réflexe est de ne jamais agir dans la précipitation sous le coup d’un message anxiogène. Le second est de toujours passer par les sites officiels que l’on a soi-même tapés dans son navigateur (ameli.fr, impots.gouv.fr) plutôt que de cliquer sur un lien reçu. Enfin, il faut savoir qu’il existe un numéro, le 33700, un service gratuit où l’on peut transférer tout SMS suspect pour le signaler et participer à la lutte collective. Reconnaître que la menace est réelle est la première étape pour ne plus en avoir peur, mais simplement s’en protéger.
Votre plan d’action pour une navigation sécurisée
- Inventaire des points de contact : Listez les appareils et canaux par lesquels vous recevez des communications (SMS, emails, appels).
- Collecte des messages suspects : Gardez des exemples de SMS ou d’emails qui vous semblent étranges (ne cliquez sur rien).
- Analyse de cohérence : Comparez l’expéditeur et le contenu du message avec les communications officielles que vous connaissez (ex: un courrier papier d’Ameli).
- Détection de l’anomalie : Repérez les signaux d’alerte : fautes, URL étrange, demande d’argent ou de coordonnées bancaires.
- Plan d’action : Supprimez le message, transférez-le au 33700 si c’est un SMS, et parlez-en à un proche ou à un conseiller numérique.
CAF et Ameli : comment faire valoir ses droits quand les guichets physiques ferment ?
La fermeture progressive des guichets physiques et le basculement vers le « tout numérique » représentent le cœur du problème de l’exclusion. Pour des millions de seniors, cette transition n’est pas une modernisation, mais un abandon. Quand on ne maîtrise pas Internet, comment déclarer ses revenus, demander une aide de la CAF ou suivre un remboursement de l’Assurance Maladie ? Ce n’est pas une question de confort, mais d’accès aux droits les plus fondamentaux. Les chiffres sont sans appel : selon les dernières données de l’INSEE, 62% des personnes de 75 ans et plus sont en situation d’illectronisme en France. Cela signifie que plus de la moitié de cette population est potentiellement empêchée d’accomplir des démarches essentielles à sa vie quotidienne.
Face à cette situation, que le sociologue pourrait qualifier de « marginalisation institutionnelle », il est illusoire de penser que la solution réside uniquement dans la formation individuelle. L’urgence est de faire respecter un droit fondamental : le droit à l’accompagnement humain. Heureusement, une solution systémique et gratuite a été mise en place par l’État pour pallier cette fracture : le réseau France Services. Il ne s’agit pas de simples points d’accès à Internet, mais de lieux d’accueil où des conseillers formés vous aident concrètement.

Le réseau France Services est la réponse la plus concrète à la détresse numérique. Il ne vous laisse pas seul face à un écran.
Le réseau France Services : un droit à la médiation humaine
Avec près de 2800 maisons labellisées réparties sur tout le territoire, France Services garantit un accompagnement humain à moins de 20 minutes de la plupart des Français. Ces espaces offrent une aide précieuse et gratuite. Les conseillers peuvent vous accompagner pour toutes vos démarches avec les principaux organismes (CAF, Ameli, Carsat, Impôts, etc.), vous donner accès à un ordinateur si besoin, et même, dans les cas les plus complexes et avec votre accord, réaliser les démarches pour vous. C’est la reconnaissance que la médiation humaine n’est pas un luxe, mais une nécessité pour garantir une véritable citoyenneté numérique pour tous.
Ordinateur ou tablette : quel est le meilleur outil pour un grand débutant ?
Une fois la décision prise de « s’y mettre », la première question qui se pose est celle du matériel. Faut-il opter pour un ordinateur portable traditionnel ou une tablette tactile ? Il n’y a pas de réponse unique, car le meilleur outil dépendra de l’usage principal envisagé et des capacités physiques de l’utilisateur. La tablette séduit par sa simplicité apparente : pas de souris, un démarrage instantané et une interface intuitive. Elle est parfaite pour des usages de consultation : lire la presse, regarder des photos et des vidéos, ou passer des appels vidéo. Sa légèreté et son autonomie en font un compagnon facile à vivre au quotidien.
Cependant, cette simplicité peut devenir une limite. Pour tout ce qui relève de la « production » – écrire un email un peu long, remplir les formulaires complexes des démarches administratives, gérer des dossiers – l’ordinateur portable reste supérieur. Son clavier physique offre un confort de frappe incomparable, surtout en cas d’arthrose dans les doigts où la précision du tactile peut être douloureuse. L’écran plus grand facilite également la lecture et permet d’afficher plusieurs fenêtres, ce qui peut être utile pour suivre un tutoriel tout en effectuant une démarche. Le Baromètre du numérique a souligné que même parmi les internautes, seulement 34% des plus de 60 ans utilisent internet pour gagner du temps dans leurs démarches, signe que l’ergonomie des outils et des sites reste un frein majeur.
Le choix doit donc être pragmatique. Si l’objectif est avant tout de maintenir le lien social et de s’informer, la tablette est une excellente porte d’entrée. Si l’objectif premier est de gagner en autonomie administrative, l’investissement dans un ordinateur portable d’entrée de gamme, éventuellement complété par une souris ergonomique, sera plus judicieux à long terme.
| Critères | Tablette | Ordinateur portable |
|---|---|---|
| Poids moyen | 300-600g | 1,5-2,5kg |
| Autonomie | 8-12 heures | 4-8 heures |
| Ergonomie arthrose | Tactile direct (peut être difficile) | Clavier physique (plus confortable) |
| Taille écran | 8-13 pouces | 13-17 pouces |
| Prix entrée gamme | 150-300€ | 300-500€ |
| Facilité démarrage | Très simple | Plus complexe |
| Usage bureautique | Limité | Complet |
Ateliers numériques seniors : où trouver des cours gratuits près de chez vous ?
Se lancer seul dans le numérique peut être intimidant. Heureusement, il n’est pas nécessaire de réinventer la roue. Sur tout le territoire français, un maillage dense d’associations et de services publics propose des ateliers d’initiation, souvent gratuits, spécifiquement pensés pour les seniors. Ces lieux sont bien plus que des salles de cours : ce sont des espaces de convivialité, où l’on peut poser ses questions sans crainte d’être jugé, avancer à son rythme et partager ses difficultés avec d’autres personnes dans la même situation. L’apprentissage devient alors une expérience sociale et non une épreuve solitaire.
Le premier réflexe à avoir est de se tourner vers les structures de proximité. Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de votre mairie est souvent le meilleur point d’entrée. Il centralise les informations sur les actions menées localement et pourra vous orienter. Les médiathèques et bibliothèques municipales sont également devenues des acteurs majeurs de l’inclusion numérique, proposant des sessions d’initiation sur ordinateur, tablette ou smartphone. N’oubliez pas non plus les associations de quartier et les clubs de seniors, qui organisent fréquemment ce type d’activités.
Pour un accompagnement plus structuré, le programme des Conseillers Numériques France Services a déployé des professionnels sur tout le territoire, dont la mission est précisément d’accompagner tous les publics. Enfin, des organismes comme les caisses de retraite (la Carsat, par exemple) sont très actifs. Le bilan du parcours de prévention connecté de la Carsat Rhône-Alpes montre que plus de 2000 personnes sont initiées chaque année depuis 2016, preuve de l’efficacité et de la nécessité de ces dispositifs. Trouver de l’aide est plus simple qu’il n’y paraît ; il suffit de savoir à quelle porte frapper.
Checklist pour trouver votre atelier numérique
- Contacter le CCAS de votre mairie qui centralise les informations sur les ateliers locaux.
- Se renseigner à la médiathèque municipale qui propose souvent des initiations gratuites.
- Rechercher « Conseiller Numérique France Services » + le nom de votre ville sur internet.
- Consulter la carte interactive sur le site pourbienvieillir.fr pour localiser les ateliers de la Carsat.
- Contacter les associations locales de seniors (clubs du 3e âge, associations de quartier).
Carnet papier ou gestionnaire : quelle stratégie mémoire pour ne plus se faire bloquer ?
L’un des plus grands cauchemars du monde numérique est la gestion des mots de passe. Chaque site demande le sien, avec des règles de complexité différentes (majuscules, chiffres, symboles…), créant une véritable infobésité administrative. L’injonction à la sécurité, qui nous pousse à utiliser des mots de passe uniques et complexes pour chaque service, se heurte de plein fouet à la réalité de la mémoire humaine. Résultat : des comptes bloqués, des heures perdues à réinitialiser des accès et un sentiment d’impuissance et de frustration immense.
Face à ce défi, il faut être pragmatique et déculpabilisant. Contrairement au discours dominant, écrire ses mots de passe sur un carnet en papier n’est pas une hérésie pour un usage personnel. C’est souvent la solution la plus simple et la plus fiable. Il faut simplement le faire intelligemment. Le carnet ne doit jamais être intitulé « Mes mots de passe », doit être rangé en lieu sûr comme un objet de valeur, et idéalement, contenir des indices plutôt que les mots de passe complets pour déjouer un éventuel voleur (par exemple, « AnnivFils! » au lieu du mot de passe complet « Thomas1985! »).
L’approche hybride : le meilleur des deux mondes
Une stratégie efficace combine le tangible et le numérique. Un proche aidant peut utiliser un gestionnaire de mots de passe sécurisé (comme Bitwarden, qui est gratuit) pour centraliser tous les identifiants de manière chiffrée. À partir de ce gestionnaire, il peut imprimer des fiches simplifiées et claires pour les 2 ou 3 services les plus essentiels utilisés par la personne âgée (Ameli, la banque, la boîte mail). La personne aidée dispose ainsi d’un support physique simple pour son quotidien, tandis que l’aidant conserve une vue d’ensemble sécurisée et peut facilement intervenir à distance en cas de besoin. C’est une solution qui respecte l’autonomie de l’un tout en garantissant la sécurité et le soutien de l’autre.
Pour les services publics, la meilleure stratégie est encore d’éviter la multiplication des comptes en utilisant FranceConnect, qui agit comme un passe-partout numérique. Mais pour le reste, il faut accepter qu’une solution « low-tech » comme le carnet est une aide légitime et non une faute. L’objectif n’est pas la perfection sécuritaire, mais l’accès effectif aux services.
Tablette simplifiée : est-ce vraiment utilisable par un novice de 85 ans ?
Sur le marché de la « silver économie », les tablettes dites « simplifiées » sont présentées comme la solution miracle à l’illectronisme. Avec leurs grosses icônes et leurs fonctionnalités limitées, elles promettent une prise en main immédiate. L’intention est louable et pour certaines personnes très âgées ou souffrant de troubles cognitifs, elles peuvent en effet constituer une première porte d’entrée vers le numérique, principalement pour les appels vidéo et le partage de photos. Elles répondent à un besoin de lien social, ce qui est fondamental.
27% des plus de 60 ans n’utilisent jamais Internet, soit plus de 4 millions de personnes en France.
– Baromètre du numérique 2024, Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc)
Cependant, il faut aborder ces produits avec un regard critique. Leur simplicité est aussi leur plus grande faiblesse. Enfermées dans un écosystème clos, elles ne permettent souvent pas d’installer de nouvelles applications (comme celle de votre banque) ou d’accéder librement à Internet pour réaliser des démarches administratives. Elles maintiennent l’utilisateur dans un rôle de consommateur passif et ne favorisent pas une véritable autonomie numérique. De plus, leur modèle économique, souvent basé sur un abonnement mensuel, cache un coût total bien plus élevé qu’un achat unique, comme le montre l’analyse ci-dessous.

| Modèle économique | Achat unique | Abonnement mensuel |
|---|---|---|
| Coût initial | 300-600€ | 0-100€ |
| Coût sur 2 ans | 300-600€ | 480-960€ (20-40€/mois) |
| Support inclus | Limité (3-6 mois) | Illimité avec hotline |
| Mises à jour | Non garanties | Incluses |
| Remplacement panne | Non inclus | Souvent inclus |
| Applications tierces | Variable | Souvent limitées |
Le choix d’une tablette simplifiée ne doit donc pas être un automatisme. Il faut s’interroger : l’objectif est-il uniquement la communication familiale, ou bien la reconquête d’une autonomie administrative ? Dans le second cas, une tablette classique (iPad ou Android) accompagnée d’une formation adaptée sera un investissement plus durable et plus émancipateur.
FranceConnect : pourquoi créer ce compte est la clé de toutes vos démarches futures ?
Face à la prolifération des comptes et des mots de passe, l’État a développé une solution aussi simple que puissante pour sécuriser et simplifier l’accès à plus de 1400 services en ligne : FranceConnect. Comprendre et adopter cet outil est sans doute l’étape la plus importante pour regagner sa citoyenneté numérique et son autonomie dans les démarches administratives. Il ne s’agit pas d’un énième compte à créer, mais au contraire, d’un moyen de ne plus avoir à en créer de nouveaux.
FranceConnect : le passe-partout numérique de l’administration
Le principe de FranceConnect est celui d’un « passe-partout numérique ». Vous utilisez les identifiants d’un compte que vous connaissez déjà et en qui vous avez confiance (le plus souvent, celui du site des Impôts ou d’Ameli) pour vous connecter à tous les autres services publics. Par exemple, pour accéder à votre dossier de retraite sur le site de la Carsat, au lieu de créer un nouveau compte, vous cliquez sur le bouton « S’identifier avec FranceConnect », vous choisissez « Ameli », vous entrez vos identifiants Ameli habituels, et vous êtes connecté. C’est simple, rapide, et surtout, extrêmement sécurisé. L’authentification se faisant toujours sur un site officiel (comme impots.gouv.fr), le risque de donner ses identifiants à un faux site (phishing) est éliminé.
L’activation et l’utilisation de FranceConnect sont d’une grande simplicité et ne requièrent aucune compétence technique particulière, si ce n’est de connaître les identifiants de son compte Ameli ou Impôts. C’est la fin du carnet de mots de passe à rallonge pour les services de l’État et la garantie d’un accès unifié et sécurisé. C’est un outil d’inclusion massif qui redonne le pouvoir à l’usager et qui devrait être le premier réflexe pour toute démarche administrative en ligne.
3 étapes pour activer FranceConnect en toute simplicité
- Vérifier que vous avez déjà un compte Ameli ou Impots.gouv.fr actif et que vous connaissez vos identifiants.
- Sur le site du service que vous voulez utiliser (ex: carsat.fr), cliquez sur le bouton « Se connecter avec FranceConnect ».
- Choisissez votre compte habituel (Ameli, Impôts…), entrez vos identifiants habituels sur la page officielle qui s’affiche, et c’est tout.
À retenir
- L’illectronisme n’est pas une faute individuelle mais une conséquence d’un système qui exclut. Le droit à un accompagnement humain est la solution.
- Les peurs liées au numérique sont légitimes. Des réflexes simples et des services comme France Services ou le 33700 permettent de s’en prémunir.
- Avant tout achat (tablette, ordinateur), définissez l’objectif principal : communication ou autonomie administrative. Le choix de l’outil en dépend.
iPad ou Android : quel écosystème offre les meilleures options d’accessibilité pour les malvoyants ?
L’exclusion numérique revêt une dimension encore plus critique pour les personnes souffrant d’un handicap visuel. Pour elles, l’accessibilité n’est pas une option, c’est la condition sine qua non de l’utilisation. Heureusement, les systèmes d’exploitation modernes pour smartphones et tablettes, iOS (Apple) et Android (Google), ont intégré des fonctionnalités natives très puissantes. Une étude de Médiamétrie a d’ailleurs révélé que pour la première fois, le smartphone est utilisé majoritairement par les plus de 65 ans (57% de leur temps en ligne), ce qui rend la question de leur accessibilité d’autant plus cruciale.
Historiquement, l’écosystème Apple avec iOS est souvent considéré comme la référence en matière d’accessibilité. Son lecteur d’écran, VoiceOver, est d’une fluidité et d’une intégration remarquables. Il vocalise tout ce qui est affiché à l’écran, permettant une navigation complète sans voir l’interface. L’application « Loupe » native est également un outil formidable pour grossir des documents physiques. De plus, Apple propose des formations gratuites à l’utilisation de ces outils dans ses magasins, un avantage non négligeable.
Android, de son côté, a fait d’énormes progrès avec son lecteur d’écran TalkBack. Il offre aujourd’hui des fonctionnalités très similaires à VoiceOver. Cependant, l’expérience peut varier d’un fabricant à l’autre (Samsung, Xiaomi, etc.), car chacun peut ajouter sa propre « surcouche » logicielle. Des applications tierces exceptionnelles comme « Be My Eyes » (qui met en relation des personnes aveugles avec des volontaires voyants via un appel vidéo) ou « Seeing AI » de Microsoft (sur iOS) et « Lookout » de Google (sur Android) viennent compléter ces dispositifs en utilisant l’intelligence artificielle pour décrire l’environnement.
| Fonction | iOS (Apple) | Android (Google) |
|---|---|---|
| Lecteur d’écran | VoiceOver intégré | TalkBack intégré |
| Activation rapide | Triple-clic bouton physique | Geste à 2 doigts ou bouton |
| Loupe caméra | App native excellente | Variable selon fabricant |
| Contraste élevé | Réglages très avancés | Options plus basiques |
| Apps tierces phares | Seeing AI, Be My Eyes | Lookout, Be My Eyes |
| Formation en magasin | Gratuite et disponible | Moins structurée |
En conclusion, si les deux systèmes sont aujourd’hui très performants, l’écosystème Apple (iPad/iPhone) offre souvent une expérience plus cohérente, mieux intégrée et un meilleur accompagnement pour un grand débutant malvoyant.
Questions fréquentes sur l’illectronisme et l’autonomie numérique
Est-ce grave d’écrire ses mots de passe sur papier ?
Non, ce n’est pas grave et c’est même souvent une solution pragmatique pour les personnes peu à l’aise avec le numérique. La clé est de le faire de manière sécurisée : ne pas intituler le carnet « Mots de passe », le ranger en lieu sûr, et idéalement, n’écrire que des indices pour vous aider à vous souvenir du mot de passe complet.
Comment partager ses accès avec un proche aidant en toute sécurité ?
La solution la plus sécurisée est d’utiliser un gestionnaire de mots de passe qui propose une fonction de partage familial ou d’urgence. Pour les démarches administratives, le dispositif « Aidant Connect » offre un cadre légal et sécurisé permettant de mandater un professionnel ou un proche pour réaliser les démarches à votre place.
Que faire si j’oublie constamment mes identifiants ?
La meilleure solution pour les services publics est d’utiliser systématiquement FranceConnect. Cela vous permet d’utiliser un seul identifiant (celui d’Ameli ou des Impôts, par exemple) pour accéder à plus de 1400 sites administratifs, sans avoir à créer et mémoriser de nouveaux mots de passe.