Publié le 18 avril 2024

Face à une panne informatique, la solution n’est pas de tout comprendre, mais d’apprendre à décrire les bons symptômes pour obtenir une aide efficace.

  • Le stress de la panne vient souvent de l’incapacité à formuler le problème ; des « réflexes de diagnostic » simples changent la donne.
  • Qu’il s’agisse d’un dépannage à distance sécurisé ou d’une intervention à domicile, le dialogue avec le technicien est la clé du succès.

Recommandation : Avant même d’appeler à l’aide, appliquez une première action simple (comme un redémarrage) et notez ce qui se passe à l’écran. C’est le premier pas vers une résolution sereine.

L’écran devient noir. L’imprimante refuse d’obéir. Un message étrange s’affiche et bloque tout. Pour de nombreux seniors, ces situations sont une source d’angoisse et de frustration. Le premier réflexe est souvent d’appeler un proche, mais une question paralyse : « Comment expliquer ce que je vois si je n’ai pas les mots pour le dire ? ». Cette peur de ne pas savoir décrire le problème est parfois plus bloquante que la panne elle-même. On se sent seul, démunis, et la tentation de tout laisser tomber est grande.

Beaucoup de conseils se concentrent sur les solutions techniques, les logiciels à installer ou les services à contacter. Mais ils oublient une étape cruciale : le diagnostic. Non pas un diagnostic d’expert, mais un « diagnostic de bon sens ». Et si la véritable clé n’était pas de devenir un technicien, mais d’apprendre à devenir un bon « patient » ? Un patient capable de décrire ses symptômes avec des mots simples pour que le « docteur » — qu’il soit un petit-fils patient ou un professionnel à domicile — puisse poser le bon diagnostic et appliquer le bon remède.

Cet article est conçu comme une trousse de premiers secours. Nous n’allons pas seulement vous donner des solutions, nous allons vous apprendre les questions à vous poser et les gestes simples à effectuer pour transformer la panique en une conversation constructive. Vous découvrirez comment accepter une aide à distance en toute sécurité, comment dompter les pannes les plus courantes et, surtout, comment reprendre le contrôle pour que le numérique reste un plaisir et un lien avec les autres, et non une source d’isolement.

Pour vous guider à travers les pannes les plus fréquentes et vous armer des bons réflexes, nous avons structuré cet article en plusieurs points clés. Chaque section aborde un problème spécifique non pas comme une fatalité technique, mais comme une situation que vous pouvez apprendre à gérer sereinement.

TeamViewer et Anydesk : comment accepter une prise en main à distance sans danger ?

La prise en main à distance est une solution formidable : elle permet à un proche ou un technicien de « prendre la souris » de votre ordinateur depuis chez lui pour résoudre un problème. Mais cette idée peut faire peur. Comment s’assurer que c’est bien la bonne personne et que tout se passe en sécurité ? La première règle est simple : c’est toujours vous qui initiez le contact. Ne donnez jamais accès à quelqu’un qui vous appelle ou vous envoie un message à l’improviste.

Lorsque votre aide de confiance vous propose une intervention, il vous guidera pour télécharger un logiciel comme TeamViewer ou Anydesk. Un code d’accès s’affichera sur votre écran. Ne le communiquez que de vive voix (par téléphone) à la personne que vous attendez. Vous verrez ensuite une fenêtre vous demandant d’autoriser la connexion. C’est votre feu vert. Pendant l’intervention, vous voyez en direct tout ce que la personne fait sur votre écran. Vous restez maître à bord et pouvez stopper la connexion à tout moment en fermant simplement la fenêtre du logiciel.

La sécurité repose sur des protocoles très stricts. Par exemple, les connexions sont protégées par un chiffrement complet, similaire à celui des banques. Pour être totalement serein, il suffit de suivre quelques points de contrôle. La personne qui vous aide doit être un contact de confiance dont vous avez validé l’identité.

Senior vérifiant la fin de connexion à distance sur son ordinateur avec concentration

Une fois l’intervention terminée, le plus important est de vérifier que la session est bien close. Le technicien vous le confirmera, et la petite fenêtre du logiciel de contrôle à distance disparaîtra de votre écran. C’est le signal que vous êtes à nouveau seul aux commandes de votre machine. Ce contrôle permanent est le meilleur gage de sécurité.

Imprimante wifi : pourquoi perd-elle la connexion et comment la réinitialiser simplement ?

C’est un grand classique : tout fonctionnait hier, et aujourd’hui, l’imprimante est « hors ligne ». C’est exaspérant, mais la cause est souvent très simple. Une imprimante Wifi est comme une personne dans une grande maison : pour parler à l’ordinateur, elle doit être connectée au même « réseau » que lui, c’est-à-dire votre box internet. Si la box a redémarré (après une coupure de courant, par exemple) ou si son nom a changé, l’imprimante est perdue. Elle ne sait plus à qui parler.

Avant d’appeler à l’aide, voici le premier « réflexe de diagnostic » à acquérir, une procédure en trois temps qui résout 80% des cas. Le simple fait de pouvoir dire au technicien « j’ai déjà fait ça » est un gain de temps précieux. C’est la méthode la plus simple et elle ne demande aucune connaissance technique. Il s’agit simplement d’éteindre et de rallumer les appareils dans le bon ordre pour qu’ils « se reparlent » correctement.

La patience est ici un ingrédient essentiel. Après avoir rebranché la box et rallumé l’imprimante, il faut leur laisser quelques minutes pour se reconnaître et rétablir le dialogue. N’essayez pas de lancer une impression immédiatement. Allez vous faire un café ; à votre retour, il y a de fortes chances que tout soit rentré dans l’ordre. Si ce n’est pas le cas, vous aurez une information claire à donner : « J’ai effectué le cycle de redémarrage complet, mais le problème persiste. »

Votre plan d’action en 3 étapes universelles :

  1. Étape 1 : Éteindre complètement l’imprimante en appuyant sur son bouton d’alimentation.
  2. Étape 2 : Redémarrer la box internet en la débranchant du courant pendant 30 secondes, puis en la rebranchant. Attendez que tous les voyants redeviennent fixes.
  3. Étape 3 : Rallumer l’imprimante et attendre 2 minutes complètes pour qu’elle se reconnecte automatiquement au réseau wifi.

Publicités intempestives : comment supprimer les malwares qui ralentissent votre PC ?

Soudain, votre ordinateur est envahi de fenêtres publicitaires, il devient très lent, et une page alarmiste s’affiche, prétendant que votre machine est infectée par des centaines de virus. Souvent, un numéro de téléphone est proposé pour un « dépannage urgent ». C’est le signe typique d’une arnaque au faux support technique. Le but n’est pas de vous aider, mais de vous faire peur pour vous soutirer de l’argent. Le premier réflexe est le plus important : ne cliquez sur rien et n’appelez jamais le numéro affiché.

Ces programmes malveillants, ou « malwares », s’installent souvent à votre insu lorsque vous téléchargez un logiciel gratuit ou que vous cliquez sur un lien dans un e-mail douteux. Ils ne sont pas forcément dangereux pour vos données, mais ils rendent l’utilisation de l’ordinateur pénible. Heureusement, s’en débarrasser et prévenir leur retour est à la portée de tous, en adoptant une bonne hygiène numérique. Il s’agit moins d’une intervention d’urgence que de la mise en place de bonnes habitudes, comme on se lave les mains pour éviter les microbes.

L’arnaque au faux support technique est un phénomène très répandu, à tel point qu’elle est considérée comme la 3e menace cyber pour les particuliers en France, selon le dispositif national Cybermalveillance.gouv.fr. Cela montre à quel point il est crucial d’être vigilant. Comme le souligne l’organisme :

L’arnaque au faux support technique consiste à vous effrayer en vous indiquant un problème technique grave afin de vous pousser à payer un pseudo-dépannage informatique.

– Cybermalveillance.gouv.fr, Fiche réflexe sur les arnaques au faux support technique

La meilleure défense est une routine simple. Un bon antivirus (celui de Windows est déjà très efficace) et des mises à jour régulières bloquent la majorité des menaces. Si une fenêtre suspecte apparaît, utilisez le raccourci clavier Ctrl + Alt + Suppr pour ouvrir le « Gestionnaire des tâches », sélectionnez votre navigateur (Chrome, Firefox, Edge) et cliquez sur « Fin de tâche » pour forcer sa fermeture sans rien toucher d’autre.

Wifi dans une grande maison : répéteur ou CPL pour avoir internet dans la chambre ?

Votre box internet est dans le salon, mais dans la chambre ou le bureau à l’étage, le signal wifi est faible, voire inexistant. C’est un problème très courant, surtout dans les maisons anciennes en France, avec leurs murs de pierre ou de brique qui sont de véritables remparts pour les ondes wifi. La solution n’est pas de déménager la box, mais d’étendre son signal. Deux solutions principales existent pour cela : le répéteur Wifi et le kit CPL (Courant Porteur en Ligne).

Le répéteur est un petit boîtier que l’on branche à mi-chemin entre la box et la zone à couvrir. Il capte le signal wifi existant et le « répète » plus loin, comme un écho. C’est idéal pour les appartements modernes avec des cloisons fines. Le CPL, lui, est plus malin : il utilise le réseau électrique de votre maison pour transporter internet. Un premier boîtier est branché près de la box et relié à elle par un câble. Un second boîtier est branché dans la chambre, et il diffuse un nouveau signal wifi puissant, directement depuis la prise de courant.

Le choix entre les deux dépend presque exclusivement de l’architecture de votre logement. Comprendre cette distinction est le meilleur « symptôme » à décrire à un conseiller : « J’habite une vieille maison en pierre, je pense que le CPL serait plus adapté, qu’en pensez-vous ? ». Cela montre que vous avez déjà réfléchi au cœur du problème. De plus, sachez que l’assistance informatique à domicile est un service à la personne. À ce titre, vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt. Comme l’indique le portail du gouvernement, le plafond annuel des dépenses d’assistance informatique ouvrant droit au crédit d’impôt ne peut excéder 3 000 euros, ce qui peut rendre l’intervention d’un professionnel pour installer la solution idéale très abordable.

Vue large d'un salon français avec murs en pierre apparente et équipement réseau moderne discret
Répéteur Wifi vs CPL selon l’architecture française
Type de solution Maison ancienne (pierre/brique) Appartement moderne Installation
CPL (Courant Porteur en Ligne) Excellent – traverse les murs épais via le réseau électrique Bon – mais répéteur souvent suffisant Très simple – se branche sur prise électrique
Répéteur Wifi Limité – signal bloqué par murs épais Excellent – cloisons fines (Placo) Simple – configuration via bouton WPS

Disque dur externe ou Cloud : où stocker les photos des petits-enfants pour ne jamais les perdre ?

Les photos et les vidéos de famille sont des trésors. La pensée de les perdre à cause d’une panne d’ordinateur, d’un vol ou d’un incendie est angoissante. Se contenter de les garder sur l’ordinateur est risqué. Deux solutions principales s’offrent à vous pour les mettre en sécurité : le disque dur externe et le Cloud. Chacune a ses avantages, et la meilleure stratégie consiste souvent à combiner les deux.

Le disque dur externe est un objet physique, comme une petite boîte, que vous branchez à votre ordinateur pour y copier vos fichiers. Une fois la copie faite, vous le débranchez et le rangez en lieu sûr. C’est simple, vous gardez le contrôle total et il n’y a pas d’abonnement. Le Cloud (ou « nuage » en français) est un service en ligne (comme Google Photos, iCloud, OneDrive) qui stocke vos photos sur des serveurs distants et sécurisés. L’avantage est que vous pouvez y accéder depuis n’importe quel appareil connecté à internet, et les partager facilement avec vos proches.

Pour une sécurité maximale, les experts recommandent une méthode simple à mémoriser.

La stratégie de sauvegarde 3-2-1 adaptée aux seniors

La règle 3-2-1 est une méthode professionnelle de sauvegarde, mais très simple à appliquer pour ses souvenirs personnels. Elle consiste à avoir 3 copies de vos données importantes (les photos originales sur l’ordinateur + 2 sauvegardes), sur 2 supports différents (par exemple, un disque dur externe et un service Cloud), dont 1 copie hors de votre domicile (c’est le rôle du Cloud, ou d’un second disque dur stocké chez un enfant). Cette approche garantit qu’en cas de problème technique, d’incendie ou de vol, vos souvenirs précieux restent protégés et accessibles.

Le choix entre un achat unique pour un disque dur ou un petit abonnement mensuel pour le Cloud dépend de vos préférences et de votre budget. Le tableau suivant peut vous aider à prendre votre décision en connaissance de cause.

Comparaison des coûts et avantages Disque dur vs Cloud
Critère Disque dur externe Service Cloud
Coût initial 60-150€ (achat unique) 0€
Coût récurrent Électricité négligeable 5-10€/mois pour 1TB
Accessibilité Uniquement sur place Partout avec internet
Protection RGPD Total (données chez vous) Variable selon fournisseur européen
Transmission héritiers Physique, simple Nécessite partage accès

Carnet papier ou gestionnaire : quelle stratégie mémoire pour ne plus se faire bloquer ?

« Mot de passe incorrect ». Ce message est une autre source de grande frustration. Entre la banque, les impôts, la caisse de retraite, les sites de commerce… on nous demande des dizaines de mots de passe. Tenter de tous les mémoriser est impossible. Les noter sur un post-it collé à l’écran est une très mauvaise idée. Alors, comment faire ? Une stratégie « hybride », alliant la fiabilité du papier à l’intelligence du numérique, est souvent la plus sereine.

La première étape est de simplifier au maximum. Pour les services publics français, un outil formidable existe : FranceConnect. Il vous permet d’utiliser un seul identifiant (celui de Ameli.fr, des Impots.gouv.fr ou de La Poste) pour vous connecter à plus de 1400 services en ligne. Plus besoin de retenir des dizaines de mots de passe pour vos démarches administratives, un seul suffit ! C’est un gain de temps et de tranquillité d’esprit considérable.

FranceConnect : la simplification pour les seniors

FranceConnect est la preuve qu’on peut allier sécurité et simplicité. En n’ayant à retenir qu’un seul couple identifiant/mot de passe (par exemple, celui de votre compte Ameli que vous utilisez déjà), vous pouvez accéder à votre dossier de retraite, renouveler vos papiers, consulter vos remboursements de santé, etc. Un senior n’a ainsi besoin de confier à sa mémoire qu’un seul accès sécurisé pour gérer l’essentiel de sa vie administrative numérique.

Pour tous les autres sites (achats, loisirs, forums…), l’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe est la solution la plus sûre. Ce sont des « coffres-forts numériques » qui créent et retiennent pour vous des mots de passe très complexes pour chaque site. Le seul que vous avez à mémoriser est le « mot de passe maître » qui ouvre le coffre. Et ce mot de passe maître, vous pouvez, et devriez, le noter sur un carnet en papier, rangé en lieu sûr, à l’abri des regards. C’est le mariage parfait entre la technologie et la prudence traditionnelle.

Courriers et mails officiels : les 3 détails qui prouvent que c’est une tentative de phishing

Vous recevez un email qui semble venir de votre banque, d’EDF ou des impôts. Il vous informe d’un problème sur votre compte, d’un remboursement en attente ou d’une facture impayée. Le ton est souvent urgent et vous demande de cliquer sur un lien pour « régulariser votre situation ». Attention : c’est très probablement une tentative de phishing (hameçonnage). Le but est de vous faire atterrir sur un faux site, copie conforme du vrai, pour vous voler vos identifiants ou vos coordonnées bancaires.

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’être un expert en informatique pour démasquer ces arnaques. Il suffit d’être un bon observateur. Les fraudeurs font presque toujours les mêmes erreurs. Apprendre à les repérer est un « réflexe de diagnostic » qui vous mettra à l’abri de la plupart des tentatives. Le maître mot est le doute systématique face à l’inattendu. Un organisme officiel ne vous mettra jamais la pression par email.

Voici les trois vérifications essentielles à effectuer avant même de penser à cliquer. Si un seul de ces points éveille votre méfiance, la règle est simple : supprimez le message. En cas de doute persistant, ne répondez jamais et n’utilisez pas les liens du mail. Allez directement sur le site officiel de l’organisme via votre navigateur habituel ou appelez-les avec le numéro que vous connaissez déjà. Face à un message suspect, la meilleure action est souvent de ne rien faire, comme le conseille Cybermalveillance.gouv.fr : « Au moindre doute, ne fournissez aucune information et fermez immédiatement la page ». Si vous pensez avoir été victime, sachez que le 116 006 est le numéro gratuit d’aide aux victimes, un service essentiel à connaître.

  • Vérifier l’adresse de l’expéditeur : Passez votre souris (sans cliquer) sur le nom de l’expéditeur. Une adresse complexe ou fantaisiste qui ne correspond pas au nom officiel de l’organisme (ex: « service-client-254@t-online.de » pour La Banque Postale) est un signal d’alerte immédiat.
  • Examiner l’orthographe et la grammaire : Les communications officielles des grandes entreprises ou administrations françaises sont relues et ne contiennent pas de fautes. Un email truffé de fautes de grammaire, de syntaxe ou d’accents manquants est un signe quasi certain de fraude.
  • Se méfier du caractère urgent et de la menace : « Votre compte sera bloqué sous 24h », « Dernier rappel avant poursuites »… Les fraudeurs jouent sur la peur pour vous faire agir sans réfléchir. Aucune institution sérieuse ne procède de la sorte par email.

À retenir

  • La compétence la plus utile n’est pas de savoir réparer, mais de savoir décrire les symptômes d’une panne avec des mots simples.
  • Adopter des routines simples (redémarrages, mises à jour, analyses) prévient la majorité des problèmes et réduit le stress numérique.
  • Des aides concrètes et officielles existent en France (crédit d’impôt, France Services, Cybermalveillance.gouv.fr) pour accompagner les seniors.

Pourquoi l’exclusion numérique est-elle la nouvelle forme d’isolement social des plus de 75 ans ?

Derrière chaque panne d’imprimante ou mot de passe oublié, se cache une réalité bien plus profonde. Toutes ces difficultés techniques, si elles ne sont pas surmontées, s’accumulent et peuvent mener à un renoncement. Le renoncement à envoyer un mail à ses petits-enfants, à consulter ses remboursements de santé en ligne, à participer à une conversation vidéo avec la famille. Progressivement, le monde numérique se ferme, et avec lui, une part grandissante de la vie sociale, administrative et familiale. C’est ce qu’on appelle l’illectronisme, ou l’exclusion numérique.

Ce phénomène n’est pas anecdotique. En France, il touche une part très importante de la population âgée. Une étude récente de l’INSEE est particulièrement parlante : elle révèle que 62% des personnes de 75 ans ou plus sont en situation d’illectronisme. Cela signifie que plus de 6 personnes sur 10 dans cette tranche d’âge ne possèdent pas les compétences de base pour utiliser internet et les outils numériques de manière autonome. Ce chiffre vertigineux montre que la « fracture numérique » n’est pas seulement une question de matériel, mais surtout de compétences et de confiance.

Lutter contre l’exclusion numérique n’est donc pas qu’une affaire de dépannage informatique. C’est un enjeu de société majeur pour maintenir le lien social. Chaque solution présentée dans cet article, chaque « réflexe de diagnostic » acquis, est une petite victoire contre l’isolement. C’est un pas de plus vers une autonomie sereine qui permet de rester connecté au monde et à ses proches. Des structures comme les conseillers numériques France Services existent partout sur le territoire pour accompagner les personnes âgées, non seulement pour des démarches ponctuelles, mais aussi pour s’initier aux plaisirs du numérique, comme communiquer avec sa famille.

L’objectif final est de transformer la peur en confiance et l’isolement en connexion. L’étape suivante consiste à identifier un interlocuteur de confiance, qu’il s’agisse d’un proche patient ou d’un service d’assistance qualifié, pour mettre en pratique ces premiers réflexes et construire, pas à pas, votre autonomie numérique.

Rédigé par Julien Moreau, Directeur d'agence de Services à la Personne (SAAD) et ancien Responsable Recrutement. 18 ans d'expérience dans le management d'équipes d'auxiliaires de vie. Il connaît l'envers du décor de la prestation de service et du recrutement.